SOUND TO TAKE AWAY À… SAN FRANCISCO

Ne lui demandez pas où et quand elle est née. Kadhja Bonet pourrait vous répondre à l’arrière d’un vaisseau spatial en 1784 (sic). Il faut dire que la discrète et jeune californienne a de quoi affoler les boussoles avec ce voyage en apesanteur entre passé et futur auquel nous convie sa musique inclassable, voire improbable, d’un autre âge assurément et pourtant si bienvenue au cœur de l’hiver.

Rayon de miel à Frisco !

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L’inoubliable compositeur de Bilitis, Francis Lai, aurait pu en écrire les mélodies soyeuses qui finissent par former une interminable mélopée dont on sort étourdi, Minnie Ripperton autrefois ou Goldfrapp plus près de nous, en susurrait les mots doux. Pourtant, en dehors d’une reprise du Francisco de Milton Nascimento, les huit titres parfumés de miel et baignés de lumière de ce premier album ravageur baptisé « The Visitor » ont été écrits, composés et arrangés par la dame qui, non contente de disposer d’une voix à même de faire fondre, comme neige au soleil, maitrise les parfaits accords des flutes, cordes, harpes et guitares ici convoquées. À l’écoute de son « Honeycomb » premier extrait de cet album disponible ici, on s’imaginerait volontiers à Frisco dansant sur la grève ou admirant le ballet des cygnes sur les eaux glacées de son Palais des Beaux-Arts. Son folk éthéré n’a pas fini de tourner en boucle comme de nous faire tourner la tête. Avec Kadhja, on n’aura jamais autant aimé l’hiver, laisser crépiter le feu dans la cheminée et remonter la peau de bête un peu plus vers soi, bien au chaud en attendant des jours meilleurs.

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