SOUNDS TO TAKE AWAY… WINTER 2016

Bientôt la fin d’une année et le début d’une autre ! Un tournant qu’il convient de marquer avec une playlist de saison hésitant entre beauté formelle et rythmes impulsifs, envolées lumineuses et sombres sonorités, rêveries au coin du feu et pistes vertigineuses, nouvelle scène française et voix d’hier. Il y est donc question de toutes premières fois mais aussi de renaissances. La première d’entre-elles est celle qui en signe l’ouverture comme le clip très léché ci-dessus. On l’avait laissée se perdre dans une succession d’albums sans saveurs et voilà que l’impeccable Katie Melua accompagnée de quelque chœur de sa Georgie natale nous entraine sur la piste de Noël avec ce « Perfect World » extrait du bien nommé « In Winter ».

Passer l'hiver !

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Plus personne n’y croyait et pourtant, le petit miracle a eu lieu tout comme comme pour Justin Vernon du groupe Bon Iver, seconde renaissance et clôture de cette succession de 15 titres d’1h30 à laquelle je vous convie. Lui aussi nous est bien revenu avec l’énigmatique « 0000 Million » de cet hiver de l’âme dans lequel il s’était enfermé depuis 2012. 6 ans après son dernier album, soit plus encore, le projet musical de Marc Collin et Olivier Libaux consistant en reprises de titres oubliés façon bossa nova comme cet « Athol Brose » des Cocteau Twins refait également surface pour notre plus grande joie. On retrouve sur ce Nouvelle Vague, baptisé « I could be happy » Liset Alea mais aussi Mélanie Pain, cette voix de la chanson française plus tout à fait nouvelle mais si singulière. Comme sur son propre album, Parachute, lui aussi tout juste sorti et composé avec le pianiste et arrangeur d’Antony and The Johnsons, son timbre rétro et charmeur y fait des étincelles. Autre projet et autre album non moins génial que celui de Mazzy Star qui revient, elle, 7 ans après avec son Hope Sandoval & the Warm Inventions dans un duo éblouissant avec Kurt Vile titré « Let me get there ».

Mais tous ces retours gagnants sur le devant de la scène ne vaudront pas celui, quelques 40 ans plus tard, d’un des pères de l’électronique, à savoir Jean-Michel Jarre, qui signait en 1976 un « Oxygène » vendu depuis à près de 20 millions d’exemplaires et dont le troisième opus de cette trilogie vient de sortir. On y retient l’envoutant « Oxygène, Pt. 16 » dont les hululements nocturnes s’harmonisent parfaitement avec les croassements de corbeaux entendus sur « Corvus », l’EP hyper aussi mélancolique qu’électronique de Recondite. Une thématique que l’on retrouve également chez Agoria avec le titre « Blackbird has spoken », splendide envolée composée pour le non moins sublime album du DJ producteur allemand Michael Mayer sobrement intitulé &. Hasard des sorties, c’est aussi le titre choisi par Julien Doré, plus crooner et mélancolique que jamais pour son 4ème album considéré par Itunes comme le meilleur de l’année 2016 et dont il est bien difficile de privilégier un morceau parmi les 13 titres qui le composent.
Si certains assument leur maturité, d’autres ne sont qu’au début de leur carrière comme Nils Frahm qui n’en finit plus de nous émouvoir cici associé à Woodkid pour un « Winter Morning » comme en voudrait plus souvent ou Tim Dump, visage et un grain de voix désormais reconnaissables entre mille, qui du haut de ses 21 et autant d’hivers s’impose, comme l’une des révélations de la chanson française nourrie à l’électro et au hip-hop. Il n’est pas sûr que l’on revienne indemne de son voyage en hiver « Vers les ourses polaires » et de son titre « Moyra Gynt ». Certains vont laisser des traces et se laisser emboiter le pas à l’instar d’Adrien Soleiman, autre révélation de l’année. Passé de l’ombre à la lumière en un éclair, sa « Nuit tombée » s’avère aussi belle et lumineuse que tout le reste de ce premier album incandescent de 11 titres logiquement baptisé « Brille » et qui nous donne encore un nouvel éclairage sur la chanson française.

On ne peut que leur souhaiter le succès de la discrète Agnès Obel qui distille dans les ballades, comme en apesanteur, à la fois fragiles et envoutantes, de son ‘Citizen of Glass’ quelque chose de ses contrées lointaines que l’on croirait propre à l’hiver et la longévité d’un Kurt Wagner qui livre avec son groupe de country Lambchop et leur 12ème album ‘Flotus’ un remarquable tunnel mélodique de 18 minutes d’où semble ne vouloir émerger que la lumière. Après l’hiver vient le printemps, après la mort, le retour à la vie. Souhaitons alors à Léonard Cohen, autre baryton crooner à nul autre pareil, d’avoir trouvé la sienne de là où il nous chante encore inlassablement « You want it darker », titre éponyme et annonciateur de son dernier album testament. Voici donc 15 « sounds to take away » pour vous aider à passer l’hiver, à télécharger d’urgence sur  Autumn 2016.

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