Back from… Orient-Express Corinthian

L’Art du voyage !

“Il est bon que je vous contraigne de bâtir, d'un voilier qui ira sur la mer, la coque, les ponts et la mâture, puis que dans un beau jour, comme un jour de mariage, je vous le fasse habiller de voiles et offrir à la mer. Alors, le bruit de vos marteaux sera cantique, votre sueur et vos ahans seront ferveur. Et votre lancée du navire sera geste miraculeux car vous aurez fleuri les eaux”. Les mots d’Antoine de Saint-Exupéry ont du résonner avec acuité pour Maxime d’Angeac, son designer, comme pour Sébastien Bazin, son président, lors de son lancement par les chantiers de l’Atlantique de Saint-Nazaire. Aujourd’hui, sur les flots azur étals, sa forme majestueuse et désormais reconnaissable entre toutes fend l’horizon. L’Orient Express Corinthian y attend ses premiers passagers. Plus qu’un voilier, il se veut à lui-seul une promesse de voyage intemporel, un récit où luxe et raffinement se sont promis fidélité. Porté par l’élégance de l’âge d’or des transatlantiques, l’audace des prouesses technologiques contemporaines et une volonté éco-consciente novatrice, son nom de toutes les conversations et de toutes les envies, résonne déjà comme une légende d’aujourd’hui. Ce voilier hors normes s’impose aujourd’hui comme le mètre-étalon d’un savoir-faire français célébré dans le monde entier. Ses 220 mètres de ligne pure, ses 4 500 m² de voiles télescopiques et ses quelques 110 mètres de toise tracent en mer une silhouette unique, prête à défier le temps et l’imaginaire. Le vent semble fait pour glisser dans ses voiles comme la mer formée pour caresser sa coque d’un bleu si singulier, aussi chic qu’inoubliable.

« L’Orient Express Corinthian (...) se veut à lui-seul une promesse de voyage intemporel, un récit où luxe et raffinement se sont promis fidélité. »

Difficile de s’abstenir de tout ton laudatif ou de ne pas céder à l’emphase à l’approche de cette merveille de technologie et d’élégance pour la première fois réunies, dans un projet de cette taille. Même si pour ce voyage inaugural, tout n’est pas encore parfaitement rodé, le contempler à distance puis le voir se rapprocher à bord du tender Pascoe parfaitement en phase avec ce qui attend plus tard à bord, porte l’excitation et l’admiration à son comble. Et le premier sourire croisé en passerelle ne peut qu’immanquablement trouver en écho celui béat et incrédule des premiers hôtes fiers et honorés d’en être. A l’instar du train mythique Venice Simplon Orient Express de Belmond que la marque Orient-Express, propriété d’Accor, s’apprête à concurrencer dès l’année suivante sur la même route, entre autres, rarement on aura autant parlé de privilège qu’avec ce Corinthian. Car dans les deux cas, comme pour les hôtels de la marque, le voyage a ici pour vocation d’être érigé au rang d’art.

« le voyage a ici pour vocation d’être érigé au rang d’art. »

À bord, chaque espace a pour ambition de raconter son histoire et de jouer sa petit musique. Dès l’entrée, le salon-bar-bibliothèque, traversé de colonnes en bois sculpté, de bas reliefs en stuc et de moquette tuftée compose une atmosphère douce et silencieuse, caractéristique de ce navire où rien ne semble vouloir filtrer du dehors et ou l’on peine à croiser d’autres silhouettes que celle du personnel de bord à l’allure impeccable. Cet espace, à l’élégance retenue, ne cherche pas à s’imposer comme le cœur vibrant du navire, tant le bateau dispose d’autres horizons à explorer. Et même si la piscine principale ou le couloir de nage aussi spectaculaire que surprenant au pont supérieur paraissent relativement étroits, ils ne souffrent, l’un comme l’autre, d’aucun encombrement. Avec l’Orient Express Corinthian nous sommes plus proches du monde du yachting que de celui de la croisière, loin de toutes références connues. Naviguer à bord de ce voilier, c’est embrasser une certaine idée de la mer et de la liberté, un espace où le temps a vocation à suspendre son vol et où chaque instant se veut bien évidemment inoubliable.

« Avec l’Orient Express Corinthian, nous sommes plus proches du monde du yachting que de celui de la croisière, loin de toutes références connues. Naviguer à bord de ce voilier, c’est embrasser une certaine idée de la mer et de la liberté »

Il va de soi que rares sont ceux qui pourront s’offrir l’acmé de cette expérience hors du commun à l’intégralité des 1000m2 du pont sept et de ses neuf suites, conçues pour vingt-deux hôtes privilégiés, ou l’une des six suites signatures avec pont privé et pour trois d’entre-elles jacuzzi à ciel ouvert. Mais qu’importe : dès la première catégorie de cabine, le rêve s’installe et se déploie. Chacune de ces cabines, généreuse en mètres carrés (minimum 47m2), rivalise avec les plus hauts standards de l’hôtellerie terrestre et parfois les transcende. Galuchat subtil, colonnes corinthiennes forcément, cuir à surpiqûres fines, bois et étoffes précieuses, marbres rares et tapis moelleux sur mesure composent un univers où rien ne manque. Les salles de bains, avec leurs doubles vasques, douches XXL et baignoires improbables pour un navire, flirtent avec l’extraordinaire. Le mini-bar, inclus, regorge de délices ; le dressing spacieux, flanqué de cintres en abondance, promet l’aisance d’une traversée transatlantique. Là, un bureau appelle l’écriture ; ici, une table haute attend le room-dining ; un peu plus loin, une méridienne convie à la contemplation à travers d’immenses baies vitrées. On en vient à rêver que chaque hôtel, à terre, ose imaginer des chambres de cette perfection et de ce niveau de confort, sans compromission ou omission.

« L’Orient Express Corinthian n’est pas une réplique du passé, il réinvente le mythe ! Héritier des paquebots légendaires comme le Normandie ou le France, il s’inscrit dans leur lignée, tout en offrant un luxe d’aujourd’hui, plus intime et exclusif.  »

L’on pourrait s’attarder sur chacune de ces cinquante quatre cabines réparties en dix catégories, peser le pour et le contre de celles en duplex, de la nécessité d’opter pour un appartement au lieu d’une suite, d’une terrasse ou d’un balcon mais il y a tant d’autres réjouissances à bord de ce voilier pensé comme une ode à l’Art déco et à la Méditerranée. Pour autant, l’Orient Express Corinthian n’est pas une réplique du passé, il réinvente le mythe ! Héritier des paquebots légendaires comme le Normandie ou le France, il s’inscrit dans leur lignée, tout en offrant un luxe d’aujourd’hui, plus intime et exclusif. Chaque détail, du bouton de porte de portes aux formes d’animaux marins à la petite cuillère, a été conçu sur mesure. On sent que l’homme derrière ce projet, formé à bonne école, maitrise son sujet comme le dessin à main levée. C’est une œuvre totale, une symphonie de savoirs-faire dont les plaisirs de la table sont supposés se hisser à la hauteur de la légende avec pas moins de cinq restaurants tous placés sous la houlette du chef le plus étoilé au monde : Yannick Alléno.

« C’est une œuvre totale, une symphonie de savoirs-faire »

Une fois encore, toute le monde ne se laissera pas séduire par la Table, la plus gastronomique de toutes, où flotte un décor rappelant les fastes des grands transatlantiques avec six mètres de hauteur sous plafond. Avec le caviar et le spa, cette dernière, réservée pour 20 convives par soir, échappe au forfait “all inclusive” proposé à bord. Mais demeurent l’Écrin en soirée, la salle à manger unique de La Perle, lovée comme une coquille de nacre au creux du pont 7, ou encore le Cellier, offrant des dégustations rares et des ateliers consacrés aux vins et aux thés, la Terrasse, plus simple en version “all-day dining”, mais surtout l’Encre, scintillant déjà dans une offre culinaire encore en devenir pour ce qu’il fut permis de tester. Dans sa rotonde, perché sur de hauts tabourets, le visiteur y contemple le chef qui, d’un geste d’orfèvre à main levée, sublime à la demande coquillages, crustacés, poissons de première fraicheur et caviar. Magnifique forcément.

« L’espace ne manque pas à bord de cet Orient-Express Corinthian. Voilà ce qui impressionne tout comme l’abondance d’une offre qu’une croisière de trois nuits (le format le plus court disponible) ne suffirait pas à explorer.  »

Idem pour le spa signé Guerlain qui n’a rien à envier aux plus beaux instituts de la marque parisienne. L’enseigne y déploie naturellement la majeure partie de son imposante collection de parfums, mais y multiplie également les prestations avec hammam, sauna, fontaine à glace, barbier, coiffeur et des salles de soins baignées de lumière, ouvertes sur la mer à l’instar des salles de fitness et pilates aux dimensions plus que généreuses. L’espace, on l’aura compris, ne manque pas à bord de cet Orient-Express Corinthian. Du poste de pilotage d’Eric Saint Plancat, commandant impeccable de ce voilier hors normes, ou du pont supérieur baptisé « Flybrige », rendez-vous incontournable au crépuscule pour un verre ou pour admirer le ballet millimétrée des voiles à la manœuvre, on peut en saisir toute l’ampleur. Ce ne sont pas l’amphithéâtre, digne du Lido de Paris, le cinéma avec ses fauteuils inspirés du design du train mythique, le salon de jeux, le bar en mode speakeasy, la boîte de nuit aux allures de wagon bar reprenant les codes du futur train Orient-Express, ou encore l’iconoclaste studio d’enregistrement professionnel embarqué, digne d’Abbey Road, qui impressionnent le plus, mais bien cette sensation d’espace incommensurable et l’abondance d’une offre qu’une croisière de trois nuits (le format le plus court disponible) ne suffirait pas à explorer. D’autant que la marina une fois déployée réserve autant de jouets nautiques à essayer que de jours à bord. La mer devient alors le terrain de jeu privilégié que ce soit aux Caraïbes où l’Orient Express Corinthian trace sa route en hiver ou en Méditerranée durant l’été.

« Avec l’Orient-Express Corinthian, on frôle peut-être le rêve absolu, celui de s’approprier, pour un temps, le plus vaste et sans doute le plus élégant voilier du monde, comme offert à soi seul. »

Il ne faut pas oublier non plus que chaque croisière, au-delà de son lot d’expériences exclusives à bord, vient aussi avec quelques réjouissances comme une soirée de gala à Venise ou au Palais Bulles de Pierre Cardin privatisé pour l’occasion, un déjeuner privé à la crique de Murtoli, un rallye en voitures anciennes suivi d’un déjeuner aux truffes dans le golfe de St Tropez, un concert de musique classique aux bougies devant le Fort Napoléon par exemple, auxquels s’ajoute un catalogue d’experiences optionnelles ou privatisables. Ici, les jours s’égrènent sous le signe du tout inclus : transferts individualisés, service de majordome et de conciergerie, blanchisserie et pressing illimité à l’égal des plus grands palaces. Avec l’Orient-Express Corinthian, on frôle peut-être le rêve absolu, celui de s’approprier, pour un temps, le plus vaste et sans doute le plus élégant voilier du monde, comme offert à soi seul. Et si l’on choisit l’un des Grand Tours d’Italie, mêlant la splendeur des hôtels de Venise et de Rome au charme du train Dolce Vita, la croisière devient alors une véritable initiation à l’Art du Voyage ; un privilège qui échappe à toute considération marchande.

Mots & images : Patrick Locqueneux

boat

À partir de 5.000€/nuit

Formule all inclusive (hors spa et La Table par Alléno) • 250€ de credit/pers. • accueil personnalisé

 
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