CARTON ROUGE POUR… RITZ PARIS

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L’UNE DES SUITES ÉXÉCUTIVES DU TOUT NOUVEAU RITZ PARIS | photo © Ritz Paris

Certes, à l’heure où le Tout Paris bruit encore de cette réouverture, il paraît bien rude de venir couronner par un carton rouge un effort de 4 ans et la dépense de 450 millions de dollars, sans parler du travail de la centaine d’artisans et d’ouvriers mobilisés sur son chantier.

Autres temps, autres moeurs ?

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Peut-être faudrait il le réserver au seul Mohamed Al Fayed, son propriétaire et commanditaire, dont le bon goût n’aura jamais été salué par quiconque, ou le décerner à son architecte d’intérieur habitué des caprices de milliardaires et que l’on croyait heureusement exilé à New York, Mr. Thierry W. Desponts ? Peut-être devrait-il être nuancé et se teinter de rose comme la couleur des bouquets, eux plutôt heureux, qui en ornent désormais les couloirs et les chambres ?

Non, assumons et écrivons-le, le Ritz Paris, puisque c’est de lui qu’il s’agit, ne méritait pas çà, il valait mieux. Entendons-nous bien, il ne s’agit pas de se désespérer du mauvais tour que prennent souvent les légendes, de ce virage contemporain systématiquement décrié par les tenants du style et conservateurs d’un bon goût que l’on voudrait en accord avec son temps ! Non le problème de ce Ritz est justement d’être resté fidèle à sa légende de… 1898.Comment peut-on, à l’heure d’aujourd’hui, s’abstenir de toute distance avec son sujet, ne faire preuve d’aucune once de fantaisie ou de modernité et continuer à confire dans leurs jus ces lieux de vie que sont les hôtels et qui par définition n’abritent que des hôtes de passage quand même les musées, qui portent pourtant bien leur nom, ont enfin d’autres ambitions que la seule conservation ?
Si rénover ou offrir le confort de son temps semblent être le minimum requis, que seraient les hôtels s’ils n’apportaient pas matière à dépayser ou à surprendre au-delà du simple choix de sa tomate pour réaliser son “bloody mary”, comme proposé au Bar Hemingway ?

Certes, on peut toujours rêver de revivre, le temps d’une nuit, ce Paris d’avant-guerre ou de se prendre pour Coco Chanel, Winston Churchill, Marcel Proust ou l’un des hôtes légendaires de ce palace dont les Suites Prestige ont encore conservé le nom de leurs illustres pensionnaires. Après tout, il ne serait pas étonnant d’avoir le privilège de pouvoir dormir bientôt, ici ou ailleurs, dans une suite West-Kardashian. Autres temps, autres moeurs !