MR. TRIPPER IS BACK FROM… HOTEL SANDERS

Il faisait partie des ouvertures à ne pas rater hiver dernier, de celles capables de relancer une ville et pourquoi pas une destination toute entière. Dans le sillage du Nobis sur lequel on reviendra bientôt, de l’Hotel Danmark, des concepts The Krane ou Vipp dont nous avons déjà parlé, Hotel Sanders a placé la barre très haut en s’imposant assez vite sur la scène hôtelière danoise au point de devenir The Place to Be aussi bien pour les amateurs de dernier cri que pour les amoureux d’une hospitalité de qualité. Paradoxal, me direz vous ? Absolument pas. Imaginez un mix de Soho House, de Chiltern Firehouse et d’Ett Hem et vous aurez une idée de l’esprit de cet Hotel Sanders.

Hotel Sanders : une nouvelle étoile est née !

Certes, vous ne disposerez pas de l’étendue de services du premier ni ne jouirez de l’intimité du dernier mais vous retrouverez assurément l’esprit vintage et hautement branché du second ; pas de piscine ou de salle de sport donc, encore moins de spa même très intimiste, mais une très belle clientèle à l’unisson du décor et d’un personnel hautement désirable. Des serveurs en manches de chemises retroussées sur avant-bras tatoués à Kitchen, le restaurant ouvert sur la rue, en passant par les hôtesses aux épaules dénudées en combinaison de pongé de soie à la réception ou les barmans en spencer blanc et nœud pap’ au bar Tata sans oublier les soubrettes en uniforme réglementaire signés Older Paris dans les couloirs, tous dégagent une allure irrésistiblement moderne sans affectation ou raideur.

Chaque élément sert une histoire d’aujourd’hui, celle d’un hôtel magnifiquement chorégraphié, ayant pour principe le bon goût et l’esprit.

Les pailles japonaises tendues sur les murs, les assiettes des compagnies des Indes dépareillées aux cimaises ou les affiches vintage des prestations du maître des lieux du temps où il était danseur étoile ne versent pas plus dans la nostalgie. Chaque élément sert une histoire d’aujourd’hui, celle d’un hôtel magnifiquement chorégraphié, ayant pour principe le bon goût et l’esprit. J’insiste souvent sur la composante vernaculaire des lieux, sur cette capacité à faire vivre l’histoire et la géographie de la ville ou du pays, cette exigence à ne pas céder aux modes et à l’uniformisation des besoins. À la demande d’Alexander Kolpin, le propriétaire, Pernille Lind et Richie Almond, le duo d’architectes-designers derrière Lind + Almond, ont relevé le défi haut la main avec une précision et une luxuriance de détails qui laissent pantois. Les plinthes de bois agrafées par des ornements de bronze, les grilles d’aération patinées canon de fusil, les vide poches en cuir perforé aux armes de la maison donnent déjà le ton et une idée des moyens alloués par leur illustre commanditaire.

Les architectes capables de réinventer un style ou une époque et de donner une identité inoubliable aux lieux ne sont pas aussi nombreux que l’on voudrait le penser.

Le tout se veut si réussi que le mobilier pétri d’élégance nordique et de rigueur anglo-saxonne a, pour l’occasion, fait l’objet d’une édition, du lit à la commode aux accents coloniaux, en passant par le miroir en damier de verre monté à l’ancienne ou l’armoire à double portes et rideaux plissés. Les lampes aux abat-jours tout aussi plissés sur céramiques d’inspiration chinoise, les réveils sur pattes, les téléphones à cadran ne l’ont pas été mais ne déméritent pas pour autant à réécrire les pages d’une sorte d’âge d’or du voyage qui s’en irait lorgner du côté des colonies comme tendent à le faire croire, les nombreux éléments faits de rotin ou la profusion de plantes vertes jaillissant dans le décor un peu à la manière d’une Ilse Crawford. À n’en pas douter, et pour en finir avec les inévitables comparaisons, l’on devrait entendre à nouveau parler de ces deux-là très prochainement à l’instar de Charlotte de Tonnac et Hugo Sauzay chez nous. Les architectes capables de réinventer un style ou une époque et de donner une identité inoubliable aux lieux ne sont pas aussi nombreux que l’on voudrait le penser.

Le Sanders se veut (…) un modèle du hygge, ce fameux bonheur danois qui donne à la bougie une valeur quasi existentielle.

Leur tour de force ne réside pas tant dans le fait de leur donner une élégance folle ou une parfaite évidence, il tient aussi et surtout, comme je le disais, à cette capacité à les rendre symptomatiques de la ville ou du climat qui les héberge. Si Les Roches Rouges se sont imposées comme un symbole de la Riviera et de l’été en bord de mer, le Sanders se veut quant à lui un modèle du hygge, ce fameux bonheur danois qui donne à la bougie une valeur quasi existentielle. Les cierges dans tous leurs états citent ici par dizaines quel que soit l’heure du jour ou de la nuit, chaque bord de fenêtre donne l’occasion d’aménager un coin “hygge” par excellence avec fauteuil, coussin et plaid en cachemire à disposition. Pas une des 54 chambres et suites même les minuscules Coupés et leur absence de vue n’échappent à la règle. Ces dernières, aménagées comme des cabines de train de luxe, réussissent l’exploit de se rendre désirables pour qui ne regarderait pas à la dépense. À l’instar d’un Costes à Paris, d’un Chiltern à Londres ou d’un Ett Hem à Stockholm, le Sanders n’est pas particulièrement bon marché, voilà un fait entendu. Ceci étant, en offrant le wifi, cela va presque sans dire, les petits déjeuners, évidemment délicieux et à la carte, comme le contenu du minibar, on en oublierait le premier prix s’affichant au plus bas de la saison et au creux de la semaine à 370€ pour 13m2 d’espace à vivre. Même si, à l’opposé, l’appartement de 60m2 merveilleusement aménagé et à quelques 2.600€ la nuit fait bien plus rêver, convoquant autant le portefeuille que l’imaginaire, les chambres intermédiaires suffisent à explorer les diverses facettes de ce bonheur danois ayant trouvé ici l’une de ses plus belles expressions.

Il n’y a pas meilleur signe du succès d’un hôtel et de sa légitimité que l’engouement de la ville elle-même

Les Copenhaguois ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, s’appropriant aussi bien le restaurant ou la terrasse au rez-de-chaussée que the Conservatory sur le toit à la première heure et jusque tard en soirée au très élégant bar Tata pour un dernier verre. Il n’y a pas meilleur signe du succès d’un hôtel et de sa légitimité que l’engouement de la ville elle-même. Comment résister au plaisir de frayer dans cet univers à l’élégance ravageuse quand le cœur de la ville bat à deux pas, à l’écart de cette rue calme donnant à l’arrière du Théâtre Royal sur la scène duquel l’ancien lauréat du prix Benois brilla, et que la centrale Kongens Nytorv, le pittoresque canal de Nyhavn avec ses maisons colorées du 17ème siècle ou les résidences royales d’Amalienborg et de Charlottenborg se mettent à quelques coups de pédale de ces vélos laqués noirs ornés du blason doré de la maison.

En attendant les prochaines rénovations d’autres propriétés familiales en bord de mer, Alexander Kolpin a d’ores et déjà donné avec son cosmopolite et inspiré Hotel Sanders, une nouvelle dimension à Copenhague. Après avoir fait rayonner la danse jusqu’en dehors de ses frontières, il n’est pas dit qu’il ne puisse pas encore apporter au pays tout entier… | Images © Mr. Tripper


Hotel Sanders
Design-boutique | The very best

Tordenskjoldsgade 15, DK1055 Copenhague | Danemark 
E : info@hotelsanders.com | T : + 45 46 40 00 40  
À partir d’env. 360€/nuit TTC en Coupé Plus | Petit déjeuner, mininbar et wifi inclus


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