BACK FROM… LA COMPAGNIE


Il n’y aurait la problématique de la douane à l’arrivée, se rendre à New York serait aujourd’hui presque aussi aisé que d’embarque pour le sud de la France ou presque. Le Concorde n’est plus là pour assurer le trajet le plus rapide au monde mais depuis maintenant trois ans, une petite compagnie qui a tout d’une grande, s’est imposée pour relier de la plus jolie manière Charles de Gaulle et son terminal 1 à New York et son aéroport de Newark, qu’on préfère de très loin à JFK et qu’Air France relie également depuis peu.

Allons-y !

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Bref, cette aventure initiée par Frantz Yvelin, déjà aux commandes de l’Avion, rebaptisé Openskies et devenu depuis filiale de British Airways, n’en est plus vraiment une et le pari semble cette fois gagné. Sous le code IATA B0, pour Boutique Airline, La Compagnie a marqué le ciel transatlantique comme elle s’est attachée le cœur et la confiance de ses passagers qui, entre parenthèses, jusqu’à aujourd’hui 22/09 avaient pour la deuxième année consécutive la possibilité de s’offrir autant d’aller-retours qu’ils le souhaitaient moyennant 35.000€. À raison de 74 d’entre eux, et pas un de plus par trajet, tous disposés en rang deux par deux et en fauteuils-lits, s’il vous plait, elle assure depuis le début ses vols avec une rigueur et un professionnalisme plutôt remarquables. Avec deux pilotes et seulement trois hôtesses ou stewards à bord, le service y est d’une redoutable efficacité, chacun prenant en effet son rôle très au sérieux sans jamais se départir de son sourire.

Cette aventure initiée par Frantz Yvelin (…) n’en est plus vraiment une et le pari semble cette fois gagné

Hasard des vols, concours de circonstances, effet de manche dans des tenues plutôt inattendues me direz-vous ? Rien de tout cela, même s’il faut avouer que les tailleurs shorts des hôtesses réalisés par Vicomte A donnent indéniablement un coup de frais à l’ensemble. Non, un peu comme chez Cojean avec lequel La Compagnie partage un même code couleur, le casting s’impose comme des plus réussis. Sans qu’il soit pas plus question de physique, tous donnent le sentiment d’être heureux et épanouis malgré des conditions de travail plutôt intenses entre distribution des tablettes Samsung, le système de divertissement à bord, et service millimétré à la place. La cuisine de Christophe Langrée, ancien chef de Matignon, tient au passage vraiment la route ou plutôt les airs. On en viendrait presque à se régaler, ce qui est suffisamment rare sous nos latitudes pour être souligné.

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DÉTAILS DU SALON LA COMPAGNIE | photo © Mr. TRIPPER
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DÉTAILS DU SALON LA COMPAGNIE | photo © Mr. TRIPPER


LA COMPAGNIE

AIRPLANE

THE VERY BEST

♥♥♥

BOOK NOW

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EMBARQUEMENT IMMÉDIAT | photo © Mr. TRIPPER
Comment ne pas être également ravis, au-delà du fait d’être entre soi, d’embarquer et de débarquer en quelques minutes à peine ? Comment ne pas se sentir soulagé, de par ce positionnement 100% business, d’échapper un peu plus qu’ailleurs aux groupes toujours impolis et aux hordes d’enfants souvent braillards ? Evidemment, il y a quand même un revers à la médaille. La taille de La Compagnie qui se définit elle-même comme une boutique-airline, ne lui permet pas aujourd’hui de développer des systèmes de divertissement et des équipements aussi performants que ces concurrents mais cela lui permet aussi une réactivité et une capacité d’invention supérieure aux autres avec notamment des animations à bord une fois par mois.

La preuve que cette Compagnie-là a tout d’une grande et que  dans les airs aussi on peut faire du cheap et du chic à la fois.

Mais pour la moitié, dans le meilleur des cas, ou le plus souvent le quart du prix d’un billet business à la concurrence, on parle ici en général de 1.200€ l’aller-retour, on se contente volontiers d’une tablette plutôt que d’un écran fixe qui se confirme à l’usage pas si désagréable à utiliser puisque l’on peut l’orienter à sa guise et la prendre sur ses genoux pour lire et se divertir. Certes, le casque n’est pas signé Bose et ne possède pas de système de réduction du bruit mais s’avère suffisant au confort, les couvertures ne sont pas les plus douces du monde mais elles savent être très enveloppantes, les oreillers ne font pas d’effet de taille mais là-encore servent le propos. Certes, le lit baptisé toboggan par les initiés n’est pas complètement horizontal et certains pourront donc y glisser comme ce fut très longtemps le cas où l’est toujours chez d’autres mais il s’incline tout de même à 175°, ce qui reste tout à fait supportable sur un vol aussi court. Les couleurs de la cabine ont, pour leur part, de remarquable de se faire oublier dans un camaïeu de gris et de bleu s’harmonisant parfaitement avec ce qui se passe de l’autre côté de hublots par ailleurs drôlement tagués ces derniers mois par l’artiste New Yorkais Kevin Lyons. À ce propos, je me suis d’ailleurs toujours demandé pourquoi la majeure partie des compagnies aériennes se refusaient à prendre en compte l’environnement naturel dans lequel elles évoluaient dans la conception de leurs appareils, trop occupées à tenter d’imposer à nos yeux récalcitrants les couleurs de leurs marques. C’est un peu le syndrome de la piscine rouge ou du bateau jaune chez d’autres.

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100% BUSINESS | photo © Mr. TRIPPER

Dans ces Boeing 757, fort heureusement, rien de tout cela et à bien y regarder, il n’y a pas grand-chose qui viendrait à manquer durant les 6 ou 8 heures, selon le sens, de ce vol transatlantique. Les trousses confort garnies de produits Caudalie en taille raisonnable, de masque, de chaussettes, de bouchons d’oreille, d’un miroir de poche et d’une brosse à dents offrent aussi, pour l’anecdote, un stylo que beaucoup de compagnies oublient encore d’intégrer dans leur offre et qui s’avère fort utile quand on veut remplir ses documents d’immigration sans avoir à rouvrir son coffre à bagages pour y chercher le sien. C’est un infime détail, tout comme le champagne servi à parfaite température, les bagages volumineux gratuits en soute, mais avec pareil rapport qualité-prix, on se sent sans doute un peu plus indulgent qu’à l’accoutumée. Même les salons, dont on aurait du mal à pardonner l’indigence mais que l’on retrouve pourtant pour tant d’autres compagnies dites traditionnelles remplissent, tout au moins pour celui de Paris, leur rôle d’antichambre à l’embarquement qui, faut-il le préciser bénéficie d’un accès prioritaire aux filtres de police et de contrôle comme pour n’importe quel passager business. La preuve que cette Compagnie-là a tout d’une grande et que, dans les airs aussi, on peut faire du cheap et du chic à la fois. Alors, comme l’a si joliment graffé Kevin Lyons sur les hublots, allons-y sans attendre !

Business Class version “cheap & chic” 

Boeing 757 | 1 classe de réservation | 74 sièges | configuration 2-2siège inclinable à 175°

Au départ de Paris Charles de Gaulle (CDG1) vers Newark (EWR)

Frantz Yvelin et Peter Luethi, fondateurs | Christophe Langrée, chef exécutif

À partir de 1.200€TTC aller/retour | Service d’acheminement aéroport avec Chauffeur & Co au tarif unique de 59€

Tel : 0892 230 240 | Mail : contactparis@lacompagnie.com | Web : lacompagnie.com/fr | Booking : booking@mrtripper.com