À PARIS, LE SOLEIL SE LÈVE AUSSI À… L’EST

L’avoir connu plutôt moribond, il y a peu encore. Mais une ouverture en appelant une autre, voilà ce bout de Paris en train de reverdir à la vitesse de l’éclair et à faveur de nouveaux bars, restaurants et hôtels se nourrissant les uns les autres. Finie l’époque où l’hôtel Amour faisait cavalier seul et figure d’électron libre entre deux rues crasseuses du 9ème arrondissement, formant aujourd’hui l’épine dorsale de ce renouveau baptisé So-Pi pour South Pigalle, un quartier aux frontières de plus en plus floues s’étendant désormais à tout l’Est parisien. 

À Paris !

En avoir pour preuve aujourd’hui même l’ouverture du Grand Amour, le grand frère du précédent toujours emmené par la même bande de potes, Thierry Costes du groupe Beaumarly à la direction et André Saraiva à la déco, en pleine rue de la Fidélité, à deux pas de ces nouveaux ancrages de la ville que sont les Gares du Nord et de l’Est, fortes de leurs liaisons Thalys, Eurostar et TGV.


Une énième ouverture reprenant les codes du précédent opus ou de l’Hôtel Ermitage de Saint Tropez avec des tarifs cette fois imbattables puisque démarrant à 80€ la nuit, mais venant surtout s’ajouter à celles toujours plus rapprochées des Hôtels Paradis et Bachaumont signés Dorothée Meilichzon présentée comme l’un des talents les plus créatifs de sa génération, les Grand Pigalle (encore de la même) et Providence chacun repris par un limonadier de talent, l’Expérimental Cocktail Club d’un côté (comme au Bachaumont), Pierre Moussé de la Brasserie Barbès de l’autre, les Maisons Particulières Souquet et Athénée confites par Jacques Garcia elles-aussi entre papiers peints imprimés et tentures de velours dans cette opulence caractéristique du XIXème siècle ou bien encore le Pigalle tout court et tout juste auréolé du label Design Hotels, pour ne retenir que le meilleur de ces bonbonnières d’un nouveau genre.

Derrière toute cette agitation et cette nouvelle génération de 4 étoiles de quartier s’empruntant talents et idées, ne rien trouver encore à ajouter à la sélection des « meilleurs » hôtels parisiens. Pour autant, se poser la question d’un nouveau classement venant à englober cette hôtellerie de seconde ligne de moins en moins cernable et de plus en plus difficile à faire tenir dans des cases mais tout de même très désirable.

Paris valait bien une messe à l’époque, pourquoi pas une entorse à la règle demain ? D’ici là et en attendant l’ouverture d’un futur hôtel signé du cador de la bistronomie, Charles Compagnon, rue du Faubourg Poissonière, rester assuré d’une chose, c’est que le soleil se lève bien à l’Est… à Paris comme ailleurs !