Back from… The Maybourne Riviera

Immanquable !

À l’heure où l’été s’efface un peu partout, il reste des lieux à l’image de The Maybourne Riviera, qui semblent vouloir suspendre le temps et retenir la saison. Là, à Roquebrune-Cap-Martin dans les Alpes-Maritimes, entre Monaco et Menton, les couleurs ne sont pas de simples ornements mais plutôt des odes à cette saison qui nous semble toujours trop brève. Le bleu s’y étire en nuances infinies, tandis que l’orange sème ses éclats en milles touches joyeuses. Ensemble, ils y composent toute l’année un poème des plus vivants et chaleureux célébrant à l’année la vie en bord de mer, une gageure supplémentaire pour ce vaisseau de pierre et de verre défiant depuis les hauteurs le Rocher et son magnifique littoral.

« À l’heure où l’été s’efface un peu partout, il reste des lieux à l’image de The Maybourne Riviera, qui semblent vouloir suspendre le temps et retenir la saison »

The Maybourne Riviera est né du pari audacieux de Paddy Mckillen, un homme habitué aux défis de taille.  Ancien dirigeant du groupe Maybourne, qu’il a fondé et propulsé au sommet de l’hôtellerie mondiale avant d’être remercié par ses investisseurs qataris (avec qui il reste en conflit ouvert), Mckillen a racheté et rénové l’ancien Vista Palace avec l’ambition d’en faire l’un des meilleurs hôtels d’Europe. Après six ans de travaux colossaux, il a créé un véritable ovni dans le paysage hôtelier français.  À l’image des autres hôtels du groupe à Londres, tels que le Connaught, le Claridge’s, le Berkeley et The Emory, ou encore Villa La Coste à Aix-en-Provence et Shinmonzen à Kyoto, qui lui appartiennent personnellement, The Maybourne Riviera conjugue l’Art avec un grand A à l’art de bien recevoir, une mission dont il a toujours su s’acquitter avec brio.

« The Maybourne Riviera conjugue l’Art avec un grand A à l’art de bien recevoir »

Quatre ans après son ouverture et une courte éclipse l’année passée le temps d’y adjoindre un centre de wellness signé Surrenne, The Maybourne Riviera ne démérite pas bien au contraire, auréolé d’un souffle nouveau. Certes, les œuvres majeures du collectionneur et du sémillant hommes d’affaires irlandais qui allaient de Louise Bourgeois à Damian Hirst ont disparu des cimaises mais l’Art reste encore la composante essentielle des lieux. Il submerge parfois le propos comme à Villa La Coste mais donne une identité rare à ce lieu qui n’en manque déjà pas tant sa silhouette singulière à elle seule défie déjà les lois de la physique et de la raison.

« Depuis la route sinueuse qui s’élève au départ de Monaco, l’édifice imaginé par Jean-Michel Wilmotte apparaît tel un aimant pour le regard, suspendu entre ciel et mer jaillissant de la roche brute à plus de 300 mètres au-dessus des flots. »

Depuis la route sinueuse qui s’élève au départ de Monaco, l’édifice imaginé par Jean-Michel Wilmotte apparaît tel un aimant pour le regard, suspendu entre ciel et mer, jaillissant de la roche brute à plus de 300 mètres au-dessus des flots. On s’interroge, médusé, sur la façon dont ce vaisseau de verre et de béton, juché sur la corniche et ouvert à tous les vents, demeure en équilibre avec une telle assurance. À l’instant même où l’on franchit son seuil, on est pourtant surpris par sa relative sobriété malgré l’impressionnante hauteur sous plafond. Ce n’est qu’en gravissant ses étages que la révélation s’impose : chaque niveau dévoile des panoramas où l’infini s’invite, et où le projet se révèle vertigineux. L'intégration avec le paysage sidère. Le minéral blanc de la structure fait écho aux falaises calcaires, tandis que d'immenses parois de verre toutes rétractables effacent la frontière entre l'intérieur et l’extérieur pour se plonger dans le paysage grandiose de cette Côte d’Azur où piaillent en journée les bateaux sur la gauche et clignotent en soirée les grattes-ciels de Monaco sur la droite.

« Ici, ce paysage, fusion insensée du ciel et de la mer, jaillit de toutes parts pour emplir l’espace, et saturer le regard de bleu.  »

Ici, ce paysage, fusion insensée du ciel et de la mer, jaillit de toutes parts pour emplir l’espace, et saturer le regard de bleu. Un bleu avec lequel la cohorte de designers réunis autour du projet par Michelle Wu – à l’image du Connaught, du Claridges ou de The Emory – s’est amusé à décliner dans toutes les nuances. Sous la main et les talents conjugués de Pierre Yovanovitch, Andre Fu, Rigby & Rigby ou bien encore Brian Sullivan, chaque ligne, chaque courbe du mobilier rend un hommage appuyé aux maîtres voisins du Cap-Martin, Le Corbusier et Eileen Gray et à cette ondoyante Riviera. Si Sullivan a sculpté le lobby, le bar, le restaurant Riviera et une grande partie des soixante-cinq suites, en formes fluides comme autant de vagues et qu’André Fu a façonné à renforts de chêne clair, de cuivre et de terrazzo les étages supérieurs ou le spa, tous ont eu pour mission  de laisser entrer la lumière de la côte, depuis le premier frisson de l’aube jusqu’aux éclats du crépuscule, que l’espace soit ancré dans la roche ou suspendu au-dessus du vide, comme un balcon offert à l’horizon infini.

« Au Maybourne Riviera, l’expérience culinaire revêt des allures de fête. Pensionnaires de cet havre contemporain comme monégasques voisins s’y pressent volontiers »

Des quelque trente-cinq mille mètres carrés de terrasses et de jardins, façonnés par la main inspirée de Jean Mus, maître incontesté du jardin méditerranéen, on ne peut que s’émerveiller et passer sur les quelques réserves qui ne manquent pas dans un projet de cette envergure. Au-delà du confort remarquables des suites, où dialoguent ouvrages d’art et objets décoratifs, nul ne saurait bouder son plaisir à l’idée de s’abandonner aux vertiges des salles de sport du centre de “wellness”, de savourer un drink ou un mets à la table de l’un des nombreux espaces de restauration que cela soit au Riviera, à la Piscine, à la plage de la Môme (accessible par navette), ou encore à l’iconique et audacieux ABC Kitchen de Jean-Georges, suspendu au dernier étage, défiant avec panache les éléments extérieurs. Ici, on se régale en effet et c’est suffisamment rare aujourd’hui pour être souligné. Au Maybourne Riviera, l’expérience culinaire revêt des allures de fête. Pensionnaires de cet havre contemporain comme monégasques voisins s’y pressent volontiers prolongeant la quiétude d’une journée au bord de la piscine, d’une séance de sport ou d’un soin d’exception, par un déjeuner ou un dîner en version Cinémascope.

« Malgré son envergure et son changement de direction, The Maybourne Riviera a su garder la touche Paddy Mckillen, l’esprit d’une maison avec les services d’un Palace. Immanquable ! »

Si les Palaces Belle-Époque de Monaco ne sont pour certains pas dénués d’atouts plus ou moins clinquants, The Maybourne Riviera est le seul à offrir aux côtés du Monte Carlo Beach Hotel peut-être, cette modernité de bon ton, qui ne serait rien si elle n’était enveloppée d’un service irréprochable, de cette touche de décontraction et d’empathie qu’on appelle de tous nos voeux. Malgré son envergure et son changement de direction, The Maybourne Riviera a su garder la touche Paddy Mckillen, l’esprit d’une maison avec les services d’un Palace. Immanquable !

Mots & images : Patrick Locqueneux

grand hotel

À partir d’env. 750€/nuit

Early check-in, late check-out selon disponibilité • surclassement selon disponibilité • petit déjeuner • de 100 à 250€ de crédit selon la catégorie de chambre • accueil personnalisé

 
Suivant
Suivant

Back from… Villa Mabrouka