Back from… One & Only Kea
Unique !
Ce fut indéniablement l’une des ouvertures les plus ardemment attendues de l’année 2023, avant qu’un caprice du temps et des circonstances ne viennent différer son lever de rideau d’une saison entière. En Grèce, terre où les chantiers semblent suivre le tempo des vents et des marées plutôt que celui des calendriers, ce retard n’avait rien d’inhabituel. Pourtant, la singularité de ce projet en faisait un prétendant idéal au report, comme s’il fallait à ce projet spectaculaire un peu plus de patience avant de se révéler au monde.
« Conçu à l’origine comme le deuxième sanctuaire Aman de Grèce, après Amanzoe – alors aux mains du même propriétaire –, ce resort d’exception finit par éclore en 2024 sous l’enseigne One & Only. »
Conçu à l’origine comme le deuxième sanctuaire Aman de Grèce, après Amanzoe – alors aux mains du même propriétaire –, ce resort d’exception finit par éclore en 2024 sous l’enseigne One & Only. Avec son petit frère installé dans la banlieue athénienne, One & Only Aesthesis, la marque signait ainsi un coup double et offrait à l’Europe une entrée fracassante. Si l’attrait de ce dernier reste sujet à débat en raison de sa localisation, bien moins séduisante que celle du Four Seasons Astir Palace, le One & Only Kéa déploie une séduction singulière, qui le place à un autre niveau de compétition. Unique en son genre, il se dresse comme le seul véritable havre de luxe posé sur une île des Cyclades, en attendant l’ouverture annoncée d’un second Four Seasons à Mykonos.
« Unique en son genre, il se dresse comme le seul véritable havre de luxe posé sur une île des Cyclades, en attendant l’ouverture annoncée d’un second Four Seasons à Mykonos. »
Sa position, à la fois rare et stratégique, offre un double privilège : révéler à ses hôtes l’île de Kéa, encore discrète et préservée des foules, tout en se tenant à portée d’Athènes. Certes, selon la saison, la promesse de proximité se heurte parfois aux caprices des horaires de ferry. Qu’importe : One & Only Kéa s’affirme comme une retraite exclusive, que l’on rejoint en hélicoptère en quinze minutes ou à bord d’une navette maritime tout aussi spéciale : un Zodiac Milpro surpuissant et spécialement caréné pour la marque. Qu’on aborde le lieu par la mer ou la route, on découvre un resort à l’allure inédite, échappant à toute référence familière. Sur un promontoire rocheux dessiné en demi-lune, tel un amphithéâtre antique ouvert sur l’horizon, s’égrènent un peu plus de soixante villas d’une à deux chambres et une quarantaine de résidences, certaines encore à venir, pouvant accueillir jusqu’à cinq chambres. Elles veillent, dispersées, sur une plage aux reflets turquoise.
« Qu’on aborde le lieu par la mer ou la route, on découvre un resort à l’allure inédite, échappant à toute référence familière. Ici, nul pastiche du village grec aux façades chaulées et aux volets bleus. One & Only Kéa se fond dans la nature sauvage »
Ici, nul pastiche du village grec aux façades chaulées et aux volets bleus. One & Only Kéa se fond dans la nature sauvage par un enchevêtrement de cubes de pierre grège, cascadant vers la mer, comme sculpté par le vent. Leurs toits-terrasses, couverts de végétaux endémiques, dialoguent à la fois avec l’esthétique du paysage et avec le climat, rappelant un principe déjà entrevu à Amanzoe. John Heah, son concepteur et architecte a, comme au Four Seasons Sayan ou à l’Amanera, fait oeuvre de créativité. Autour d’un lobby aux allures futuristes, il a façonné sa vision d’un village grec, suspendu entre ciel et mer. Le cube déroutant et évidé en son centre vers l’infini azur tel un hommage à James Turrell, s’ouvre çà et là par de rares fenêtres de toutes tailles, jusqu’à se clore sur une immense baie vitrée qui dévoile l’horizon marin.
« Le principal attrait et passe-temps de One & Only Kéa, on l’aura compris, étant ce tête à tête exclusif avec la mer. »
Après l’accueil et le bar, l’on glisse le long d’un jardin intérieur pour atteindre une « plateia » intime où s’épanouissent oliviers et herbes folles ainsi que de petits pavillons abritant les délices d’un petit déjeuner remarquable : café et patisserie, plats chauds et buffet froid se les partageant. A l’intérieur, le restaurant principal reste grand ouvert sur des terrasses en restanques avec le bleu de la mer pour ligne d’horizon. D’innombrables banquettes et sièges ponctués d’autant de coussins attestant ici de la suprématie de la vue. Idem pour la piscine à débordement en contrebas flanquée de deux bassins latéraux dont un réservé aux enfants ; le principal attrait et passe-temps de One & Only Kéa, on l’aura compris, étant ce tête à tête exclusif avec la mer.
« Chaque chambre s’ouvre sur le même panorama saisissant, offrant selon la catégorie un supplément de latitude et d’intimité. Posées comme des vigies dans le paysage, elles déconcertent tout autant »
Chaque chambre s’ouvre sur le même panorama saisissant, offrant selon la catégorie un supplément de latitude et d’intimité. Posées comme des vigies dans le paysage, elles déconcertent tout autant que le lobby avec leurs arrêtes saillantes, leurs multiples baies vitrées et leurs plafonds vitrés les laissant se faire transpercer par la lumière de toute part. Véritables sanctuaires de marbre, ces suites-villas sont d’une parfaite élégance et constituent sans coup férir, avec Amanzoe, le plus bel hébergement qu’il soit donné de trouver dans tout le pays. On pourra s’interroger sur leur exposition parfois excessive au vent, ou sur l’étrange choix d’un salon extérieur tourné vers le chemin d’accès plutôt que vers la mer. Mais ces détails s’effacent devant le charme de leurs immenses terrasses et de leurs véritables piscines privatives, d’où l’on contemple, pour les plus chanceuses d’entre-elles, le soleil se fondre lentement dans l’horizon.
« Au-delà de ces maisons dont on peine à s’extraire (...) One & Only Kea ne manque pas d’atouts. »
Au-delà de ces maisons dont on peine à s’extraire, tant elles font preuve d’agrément mais aussi parce que chaque déplacement dans le resort requiert l’assistance d’un buggy, One & Only Kea ne manque pas d’atouts. Son spa, l’un des plus vastes de toute la Grèce, s’étire en une enfilade de bassins et de salles qui invitent tour à tour à l’effort ou à l’abandon. Plus bas, sa plage privée aux eaux translucides déploie ses charmes, tandis que sa cuisine, célébrant à la fois la mer et le terroir de l’île, ensorcelle les sens par un savant mélange d’influences allant du Mexique au Japon. Baptisée The Bond, cette taverne bohème, les pieds dans le sable à l’ombre des pins, diffuse sa playlist lounge et devient le rendez-vous privilégié des hôtes, tout comme des quelques bateaux en escale dans la baie à l’heure du déjeuner.
« Pour l’heure, il se pose déjà en joyau singulier et en rendez-vous incontournable pour quiconque rêve d’une évasion lumineuse à quelques encablures du continent. »
À cette panoplie déjà séduisante s’ajoute l’éclat d’un court de tennis, d’un padel et d’un terrain de basket, ainsi qu’un véritable kids club, rareté précieuse en Grèce qu’il convient de saluer. Des vélos électriques attendent les aventuriers les plus téméraires, désireux de gravir les collines et d’explorer les alentours sinueux. Kéa se mérite, sans l’ombre d’un doute. Quelques ruines gréco-romaines, la carcasse silencieuse d’un navire échoué, et la silhouette d’une Chora traditionnelle perchée dans les hauteurs viennent parfaire le tableau d’une île encore préservée, dont le One & Only Kéa est désormais l’étendard éclatant. Il lui reste encore à prouver dans la durée, après un changement de propriétaire et de management, qu’il peut, fort d’une nouvelle équipe, tenir le cap qu’il s’était préalablement fixé de conquérir le sommet de l’Olympe. Pour l’heure, il se pose déjà en joyau singulier et en rendez-vous incontournable pour quiconque rêve d’une évasion lumineuse à quelques encablures du continent.
Mots : Patrick Locqueneux
Images : Olivier Chevalier & Patrick Locqueneux
resort
À partir de 1200€/nuit
Accueil personnalisé • early check-in & late check-out selon disponibilité • surclassement selon disponibilité • petit déjeuner • $100 credit