Back from… Riad Berbère
Marrakech authentique !
Une demi-arche juste surlignée comme un trait de caractère fait d’élégance et de poésie. A lui seul, ce logo symbolise bien l’âme des lieux. Au coeur de l’ancienne Médina de Marrakech dans une des parties les moins fréquentées malgré la proximité du Musée de la Photo et de la sublime Medersa Ben Youssef, là où le parfum des épices se mêle aux murmures du temps comme aime à dire sa propriétaire, poétesse à ses heures se dresse Riad Berbère.
« Bâti au XIIIème siècle, ce Riad aux allures de palais déploie ses charmes à l’ombre de ses arches blanches, d’une cour séculaire plantée d’orangers ployant sous leurs fruits et d’un bassin octogonal invitant à la détente »
Bâti au XIIIème siècle, remanié une première fois au XVIIème siècle puis récemment avec l’adjonction d’une nouvelle aile avant une seconde extension encore à venir, ce Riad aux allures de palais déploie ses charmes à l’ombre de ses arches blanches, d’une cour séculaire plantée d’orangers ployant sous leurs fruits et d’un bassin octogonal invitant à la détente. Terre de contraste bercée par le seul chant des oiseaux et rythmée par les appels à la prière, elle fait preuve de modestie. Il ne règne ici aucune volonté ostentatoire ou superfétatoire. Nous touchons à l’essentiel avec Riad Berbère et plus encore à l’authenticité marocaine. Couleurs, formes, saveurs y sont à l’unisson. Faisant écho les unes aux autres, elles emmènent le voyageur ayant trouvé ici repos dans un voyage immobile, un chant choral curieusement assez rare ailleurs. Contrairement à d’autres Riad ayant joué la carte de la modernité ou d’une forme de décalage avec l’héritage marocain à l’instar des Riad Mena ou Rosemary, autres favoris dans la Médina, Riad Berbère fait presque cavalier seul dans le Médina.
« Il ne règne ici aucune volonté ostentatoire ou superfétatoire. Nous touchons à l’essentiel avec Riad Berbère et plus encore à l’authenticité marocaine. Couleurs, formes, saveurs y sont à l’unisson. »
Il nous rappelle les riches heures malheureusement perdues d’un Ksar Char Bagh dans la Palmeraie tout aussi habile à mixer sophistication et simplicité, tradition et modernité comme ombre et lumière dans une recherche de poésie de chaque instant. Dans chaque recoin du Riad, l’art s’invite au détour de pièces fortes comme de somptueuses peintures orientalistes et de détails plus anodins dans une palette volontairement réduite de blanc, ocre et terre parant dessus de lits, housses de chaises et de canapés ou uniformes d’un personnel, disons-le d’emblée remarquable.
« Sandrine Henry propriétaire et architecte des lieux y exprime avec talent et sensibilité sa vision poétique d’un Maroc et d’une ville ô combien délicieuse à bien des égards. »
À l’instar des antiquités peuplant le Riad, ces couleurs savamment choisies témoignent elles aussi du contraste permanent qui sévit ici, comme si le jour et la nuit, l’été et l’hiver ou bien encore masculin et féminin cherchaient à se réconcilier sans intermède. Sandrine Henry propriétaire et architecte des lieux y exprime avec talent et sensibilité sa vision poétique d’un Maroc et d’une ville ô combien délicieuse à bien des égards. La cuisine joue d’ailleurs un role prépondérant au Riad. Bien que dénué de restaurant, Riad Berbère compte comme l’une des meilleures tables de la ville. Portée par Hind, que l’on connaît le jour aux fourneaux de La Famille, divine enclave du quartier de la Bahia, la cuisine confidentielle du Riad rassure les palais en mal de traditions et ravit tout autant ceux à la recherche de modernité et d’une exécution millimétrée. Entrées, plats et desserts y partagent ce même sens de l‘équilibre fait de saveurs franches relevées d’une touche d’infinie délicatesse. Ceux qui n’ont pas la chance ou le temps d’en faire l’expérience peuvent toujours se rabattre sur les délicieux gâteaux préparés chaque jour et disposés dans la petite salle à manger d’hiver à l’heure exquise du goûter. Tarte chocolat cacahuète, moelleux à l’orange y régalent les gourmands autour d’une tasse de thé vert toujours à porté de main et d’un samovar. Dans ce rituel simple on recouvre toute l’essence d’un Maroc empreint de générosité et doué d’un sens de l’hospitalité singulier.
« Ce Riad Berbère condense à la fois le meilleur de la ville et du pays, comme si on pouvait tout encapsuler dans la sérénité de son patio verdoyant, la somptuosité de son salon tendu de rouge ou la fraîcheur de ses toits-terrasses »
Ce Riad Berbère condense à la fois le meilleur de la ville et du pays, comme si on pouvait tout encapsuler dans la sérénité de son patio verdoyant, la somptuosité de son salon tendu de rouge ou la fraîcheur de ses toits-terrasses où s’invitent un ballet de lanternes multipliants leurs silhouettes sous l’effet de la lumière. Si la prodigalité de ces dernières s’opposerait presque à l’ascèse relative des chambres et suites conçues comme de véritables cocons aux tonalités douces et tendus de voilages éthérés, les unes comme les autres battent la mesure d’un temps qu’on voudrait suspendre et qui nous vient de loin. Chaque moment de la journée au Riad Berbère se pare d’une couleur, d’une lumière, d’un plaisir empli de douceur et d’une lenteur retrouvés. Une partie d’échecs à la fenêtre du salon, une lecture sous la colonnade, une sieste aux abords du bassin, un massage suivi d’un gommage au savon noir sous les vapeurs d’agrumes, un drink sous les étoiles ou une verveine à la lueur des derniers feux des bougies, donnant à ce Riad des airs de palais des mille et une nuits le soir venu, nous touchent en plein cœur.
Mots : Patrick Locqueneux
Images : Olivier Chevalier & Patrick Locqueneux
experience
À partir d’env. 200€/nuit
Petit déjeuner • accueil personnalisé • surclassement selon disponibilité • early check-in & late check-out selon disponibilité